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La logique socio-numérique : Comment faire face aux problèmes de collaboration entre professionnels ?

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De ce que nous avons pu lire, les maîtres-mots d’une bonne organisation sont l’unicité et l’inclusion.

 

Ainsi dans plusieurs articles nous avons pu trouver plusieurs références pour comprendre la logique socio-numérique, mais aussi le fonctionnement du domaine professionnel à l’époque du numérique.

 

Tout d’abord, il convient de bien comprendre les propriétés des biens dans un caractère numérique. Il existe 2 types de biens : les biens tangibles et les biens intangibles. La première définition désigne tous les biens et services physiques et réels. La seconde désigne tout bien et service immatériel.

 

« La numérisation de ces biens exacerbe leur propriété de non-rivalité, renforçant par là leur caractère naturellement collectif »1

 

Cette citation argue que les biens intangibles renforcent à eux seul une certaine non concurrence et son caractère collectif. En pratique, ce n’est pas vraiment le cas. L’article1 datant de 2011, les conventions sociales et juridiques se sont peu à peu attaqués à la notion de biens et services intangibles. Ainsi, bien que leur nature ne soit pas physique, les biens intangibles sont égaux aux biens tangibles, dans le sens financier, juridique et social.

 

Ainsi, une personne qui propose ses services de référencement internet (service intangible) aura, dans une certaine mesure, le même poste qu’un commercial allant prospecter. Cependant, les biens intangibles peuvent tomber dans le domaine public de manière plus souple que les biens tangibles. Le numérique se popularisant de plus en plus, la plupart des domaines professionnels changent leurs habitudes. Pour les domaines dits « intangibles », cela donne une opportunité de montrer ses biens au monde entier, voire de « donner » ses tips via une plateforme universelle : Internet. C’est peut-être ce cas-là dont il est intérêt dans la citation. Dans ce cas-là, l’esprit de rivalité que l’on peut trouver dans les domaines tangibles se s’applique pas. Et ainsi des communautés se mettent en place, à l’instar de GitHub.

 

Nous pouvons dire néanmoins que ces innovations numériques ont changé bon nombre de professions et d’habitudes sur la forme ; moins sur le fond. Elle a surtout changé dans les pratiques informationnelles et communicationnelles. Le cœur d’un métier, aujourd’hui, se retrouve amélioré par les outils et pratiques numériques.

 

Une tendance s’accroît depuis quelques années : celle de passer par un intermédiaire entre le producteur et le client. Si cette pratique existe depuis très longtemps dans certains secteurs (agriculture/commerce par exemple), elle est en train de faire un carton dans le domaine des biens mixtes et intangibles. C’est une vraie demande qui vient principalement des producteurs, dans le sens global du terme, mais aussi des clients ou usagers. C’est évidemment de cette double demande que nous nous posons en intermédiaire dans le milieu culturel.

 

Cependant, l’effet pervers du capitalisme peut se refléter dans les pratiques numériques d’aujourd’hui. En effet, nous avons potentiellement accès à des milliers voire des milliards de contenus grâce à Internet. L’outil clé qui a permis de changer les habitudes de bon nombre de professions est lentement en train de rivaliser avec ses utilisateurs. L’hyper abondance de ressources et de contenus culturels met en péril les relations professionnel/client, au risque d’une banalité de plus en plus invasive.

 

Ainsi le numérique concurrentiel remet en question certains modèles économiques, aussi bien issus des biens tangibles qu’intangibles. Pour les biens tangibles, l’innovation résidera dans une remise au goût du jour en passant par le numérique, pour peu que les lois juridiques s’en mêlent. Ce fût le cas de la Française des Jeux, qui affaibli par des concurrents numériques (sites de paris sportifs en ligne), a su se relever en proposant lui aussi des doublons numériques de ses paris sportifs et en diversifiant son offre de jeux de hasard en se mettant lui aussi au poker en ligne. Pour les biens intangibles, la donne est plus compliquée. En effet contrairement aux biens tangibles (et, dans certains cas aux biens mixtes), les biens intangibles échappent bien souvent au contexte juridique et ce malgré diverses applications de la part de la justice (les réseaux sociaux notamment). La créativité semble être la clé pour se démarquer de ses concurrents à l’heure actuelle.

 

Le risque principal de notre organisation est de ne pas pouvoir se démarquer d’autres organisations similaires, qu’elles soient géographiquement concurrentielles ou non. Ainsi il convient de faire un point sur nos forces et faiblesses pour avancer les innovations de nos biens et services intangibles. En ce qui nous concerne, la limitation géographique et le ciblage du domaine culturel semble être 2 des principaux points cruciaux dans la demande générale des professionnels/producteurs et des clients/utilisateurs.

 

Passons maintenant au cœur du problème : l’organisation de nos offres en tant qu’intermédiaires. Notre principale activité est l’organisation de Workshops. Le problème principal va être de concilier les intérêts de tous les participants, qu’ils soient clients ou professionnels.

 

« Une majorité de réseaux socio-numériques s’inscrit dans une économie participative et collaborative selon une logique de partage et de clans »2

 

Une certaine innovation se dégage de nos activités ; elles permettent d’accélérer le réseautage entre participants. Ce réseautage va de pair avec une certaine collaboration, faisant fi des intérêts concurrentiels et commerciaux des différents acteurs. Ainsi, une fois que la confiance est mise en place, les participants s’affranchissent de l’individualité et peuvent ensemble créer des biens et services plus fructifiant que s’ils avaient innové seuls.

 

« Des dispositifs nécessaires pour que la participation des uns ne décourage pas l’implication des autres »1

 

Avant de connaitre la symbiose du collectivisme entre acteurs, il convient de mettre en place un climat de confiance entre participants. Une grande réflexion s’amorce en amont pour définir un but commun, avec une ambiance commune entre les participants ; notre politique de cibler le domaine des participants est très important. Puis, nous déclinons cela en plusieurs activités diverses, pour amener a des avenues de recherche créatives.

 

Mais comment définir sur le plan juridique un bien (tangible ou intangible) qui a été conçu collectivement entre différents acteurs et comment partager sa rentabilité s’il y a ? La notion de licence globale est apparue récemment pour parer à ce problème. Généralement appliquée par les FAI aux internautes, la licence globale permet d’accorder une sorte d’accès au contenu total et d’acquérir certains droits moyennant rétribution. Cette rétribution est ainsi partagée équitablement entre les différents acteurs, généralement selon le degré d’investissement dans le bien ou service proposé.

 

En conclusion, le domaine du numérique est une formidable opportunité pour concilier professionnels et clients, mais représente un risque concurrentiel, notamment dans la création d’activités similaires. Il convient de faire bon usage des pratiques économiques et sociales pour obtenir une bonne opportunité, même sur Internet. Une fois cela fait, nous devons parvenir à un commun accord pour concilier professionnels et clients, ainsi mis sur un même pied d’égalité en tant que participants, durant les ateliers créatifs. Et tout le monde en sort gagnant !

 


1 http://www.cairn.info/revue-francaise-de-socio-economie-2011-2-page-31.htm

2 http://www.cairn.info/revue-les-enjeux-de-l-information-et-de-lacommunication-2014-1-page-17.htm

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